Syndrome de l’Intestin Irritable : il faut vivre avec ?

Mis à jour : juil. 14



Marre des douleurs, marre des ballonnements puissance 1000, marre des problèmes de transit, marre de la peur de manger, marre de la peur de ne pas trouver de toilettes, marre marre marre !!!! C’est bien à ça que ressemble le quotidien des personnes touchées par le Syndrome de l’Intestin Irritable.

Je n’aime pas trop ce terme, « irritable ». Ça donne un peu l’impression d’une personne grognon et un peu « chochotte », qui « exagère »… Car pourtant oui, le Syndrome de l’Intestin Irritable est une VRAIE MALADIE, et même si elle ne met pas en danger la vie des personnes touchées, elle possède une impressionnante capacité à dégrader la qualité de vie, aussi bien sur le plan physique que moral.

Découvrez notre dossier sur le Syndrome de l’Intestin Irritable :

Comment fonctionne le Syndrome de L’intestin Irritable ?

Une maladie à la fois très courante et pourtant encore mal connue

Longtemps considéré comme un trouble essentiellement psychosomatique, et parfois même un peu dénigré, les connaissances autour du Syndrome de l’Intestin Irritable (SII) ont largement évolué ces dernières années, en même temps que l’ensemble des connaissances autour du système digestif et notamment celles autour du microbiote (= flore intestinale).

Nombreuses sont les personnes touchées par le Syndrome de l’Intestin Irritable qui se sont entendu dire « Mais Madame, c’est dans votre tête », ou alors « vous n’avez qu’à manger du riz », « ce n’est pas vraiment une maladie », « tout le monde a parfois mal au ventre, ce n’est pas si terrible ! », « tu nous embêtes à ne pas vouloir manger si ou ça, on peut plus t’inviter… ».

Car les symptômes du SII sont d’une certaine manière assez « classiques » : douleurs au ventre, troubles du transit, ballonnements, gaz… Cela peut sembler presque anodin...


Mais la grande différence pour ce type de symptômes, entre celui qui est atteint du SII et celui qui ne l’est pas, c’est la sévérité et l’intensité des symptômes. Aucune comparaison possible !

Heureusement, la situation a tout de même beaucoup évolué ces dernières années. Le SII est mieux compris, mieux considéré, c’est une maladie et il est considéré en tant que tel.

Il appartient aux Troubles Fonctionnels Digestifs : « fonctionnels » par opposition aux troubles « organiques » pour lesquels des lésions aux organes sont présentes et identifiables par des examens. Dans le cas du Syndrome de l’Intestin Irritable, il n’y a pas de lésions.

La maladie n’est pas visible mais elle est bien là, comme le montre les nombreux symptômes ressentis par les personnes touchées par le SII.

On l’appelle également colopathie fonctionnelle, ou syndrome du côlon irritable, bien que cette expression soit en fait inexacte : le SII peut toucher non seulement le côlon, mais aussi l’ensemble du tube digestif.

Aujourd’hui, on considère que les symptômes du SII peuvent être à la fois déclenchés par une alimentation non adaptée et des épisodes de stress.

Donc, tout n’est pas dans la tête, c’est aussi dans l’assiette (et pas forcément de la façon dont on l’imagine) !


Ce qui change considérablement la donne, puisque l’on a désormais à disposition plusieurs leviers pour atténuer, soulager les symptômes.

De nombreuses approches, qui ne nécessitent pas de médicaments, ont montré leur utilité.


Quels sont les symptômes du Syndrome de l'Intestin Irritable ?

Ce qui rend le SII si compliqué à identifier, c’est la variété des symptômes et de leurs intensité (légère, modérée, sévère) selon les personnes : il y a autant de SII qui de personnes touchées. Les symptômes prédominants peuvent également changer.

C’est pourquoi afin d’établir un diagnostic le médecin va se référer à différents critères, appelés critères de Rome IV.

Les symptômes et leur intensité vont varier selon des périodes plus ou moins longues, de quelques heures à quelques jours. Parfois ils disparaissent presque complètement, et parfois, par crises, ils s’amplifient considérablement pendant plusieurs jours, détériorant profondément la qualité de vie.


- Douleurs abdominales :

Elles sont présentes dans au moins 90 % des cas.

En moyenne, les personnes atteintes de SII vont vivre 6 épisodes douloureux par mois d’environ 3 heures et d’une intensité moyenne évaluée à 7 sur 10.

Dans les faits, cela dépend beaucoup des personnes et de la sévérité de leur SII : certaines vont ressentir des douleurs quotidiennes, d’autres « seulement » quelques jours par mois.

Les douleurs peuvent se situer dans n’importe quelle zone de l’abdomen. Elles ne sont pas spécifiques, c’est-à-dire qu’elles varient beaucoup d’une personne à l’autre. Certaines descriptions reviennent néanmoins régulièrement : « coups de couteau », « pesanteur », « piqure », « torsion », « brûlure »…

- Transit perturbé :

Pour déterminer le type d’altération subi par le transit, on utilise l’échelle de Bristol, créée par un groupe de gastroentérologues anglais (dans la ville de Bristol bien sûr) pour classer la consistance des selles (désolé !^^).


Échelle de Bristol :


Les altérations typiques sont :


Constipation prédominante, qui peut être définie avec :

  • majoritairement type 1 et 2 plus de 25% du temps,

  • moins de 3 selles par semaine,

  • des efforts de poussée importants pour évacuer les selles,

  • une sensation d’évacuation incomplète

  • mucus dans les selles (débris cellulaires et sécrétions accumulés au dessus du bouchon de selles dures)

Diarrhée prédominante, qui peut être définie avec :

  • majoritairement type 6 et 7 plus de 25% du temps,

  • selles trop fréquentes (plus de 3 par jour)

  • caractère urgent des selles, avec risque d’épisode d’incontinence en cas de non-accès à des toilettes,

Alternance diarrhée/ constipation,


Selles anormales sans dominante spécifique.

Parfois la constipation peut être confondue avec une « fausse diarrhée » : accumulation de selles molles au dessus d’un bouchon de selles dures.

On ne doit pas confondre également une constipation due à un SII et une constipation fonctionnelle. La différence en termes de « sensations » n’est pas toujours claire et évidente, les symptômes sont très similaires. Néanmoins on considère qu’une constipation liée à un SII est associée avec des douleurs abdominales significatives, alors que la constipation fonctionnelle ne provoque pas de douleurs à proprement parlé.

La diarrhée peut intervenir le matin dès le lever ou après le repas.

- Ballonnements, distension abdominale et flatulences en excès :

Les ballonnements sont extrêmement fréquents. Ces ballonnements peuvent être tels que certaines femmes ont l’impression » d’être enceinte » (souvent entendu en consultation !). Ce phénomène peut apparaitre après les repas mais aussi à distance des repas.

Les flatulences sont également très courantes, et l’évacuation des gaz aident parfois à soulager les douleurs. D’un point de vue social, ils peuvent être extrêmement gênants. Les personnes atteintes de SII se plaignent aussi de bruits intestinaux importants (borborygmes).


- Symptômes physiques indirects :

D’autres symptômes, physiques et psychologiques, peuvent également être présents.

  • Maux de tête,

  • Maux résultants de la constipation chronique : douleurs dorsales, nausées, hémorroïdes…

  • Maux résultants de la diarrhée chronique : irritation anus et rectum, douleurs intestinales dues à une micro-inflammation quasi permanente de la muqueuse intestinale…

  • Carences micro-nutritionnelles par mauvaise assimilation (sur un très long terme et symptômes sévères).


- Impact sur le niveau de stress et la qualité de vie :

Les symptômes physiques vont entrainer, notamment par le biais de l’axe cerveau/intestin dont le rôle a très clairement été mis en valeur dans les critères de Rome IV, l’augmentation des symptômes psychiques (et vice versa) et impacter considérablement la qualité de vie au quotidien :

  • Anxiété, dépression, stress

  • Peur de s’alimenter,

  • Peur de sortir de chez soi,

  • Vie sociale réduite.


Un diagnostic parfois interminable…

Le diagnostic est parfois très long à être posé (parfois 20 ans !), s’il l’est. Certaines personnes abandonnent l’espoir d’aller mieux et cessent de chercher des réponses. L’impact du Syndrome de l’Intestin Irritable sur la qualité de vie est pourtant bien réel.

Les médecins sont en effet assez démunis par rapport au SII.

Il n’existe à ce jour pas de médicament pour le soulager, et l’on n’en guérit généralement pas, c’est une maladie chronique. Car le SII est un trouble multiple, syndrome multidimensionnel et il très variable selon les personnes touchées.

Mais indispensable ! Les « red flags »

D’autres maladies, parfois plus graves, ont des symptômes qui peuvent ressembler à ceux du Syndrome de l’Intestin Irritable. C’est pourquoi il est très important de se faire diagnostiquer, afin d’éviter toute confusion, ce qui pourrait avoir de sérieuses conséquences.

Parmi ces maladies, il y a (liste non exhaustive) : les maladies inflammatoires de l’intestin (MICI) de type Crohn ou rectocolite hémorragique, la maladie cœliaque, l’endométriose, le cancer (notamment colorectal et ovarien) ou encore l'hyperthyroïdie.

C’est pourquoi il faut être attentif à un certain nombre de « red flags », c’est-à-dire des symptômes qui peuvent être caractéristiques de ces maladies plus problématiques, et en parler à son médecin, seul est habilité à poser un diagnostic, et qui pourra demander des analyses complémentaires.


Quels sont les red flags ? :

- perte de poids inexpliquée,

- antécédents familiaux de pathologies intestinales,

- âge > 50 ans

- diarrhée journalière persistante,

- présence de sang dans les selles,

- anémie,

- fièvre,

- vomissements récurrents,

- mouvements nocturnes de l’intestin,

- progression des symptômes et sévérité des symptômes.

Les différents types de SII identifiés (Rome IV)

Les différents types de SII sont déterminés par le trouble du transit dominant et les douleurs qui y sont associées.

Plus précisément :

Douleurs :

Douleur abdominale chronique au moins 1 jour par semaine dans les 3 derniers mois, associée avec au moins 2 des points suivants:

  • En relation avec la défécation

  • Associé avec une modification de la fréquence des selles

  • Associé avec une modification de l’aspect (consistance) des selles

Les symptômes doivent être présents depuis au moins 6 mois.

Sous-types de SII :

  • SII avec constipation prédominante : SII-C

> 25% selles de type 1 et 2 (échelle de Bristol)

ET < 25% selles de type 6 et 7

  • SII avec diarrhée prédominante : SII-D

> 25% selles de type 6 et 7 (échelle de Bristol)

ET < 25% selles de type 1 et 2

  • SII avec alternance diarrhée-constipation : SII-M

> 25% selles de type 1 et 2

ET > 25% selles de type 6 et 7

  • SII non spécifié

Absence de critères suffisants pour être classé parmi les 3 formes précédentes.

Comme on peut le voir, le SII présente de multiples facettes et s’exprime très différemment en fonction des personnes touchées. Il est donc impossible d’accompagner exactement de la même manière tout le monde.

Découvrez 5 clés pour soulager le Syndrome de L’intestin Irritable.

L’une des questions que l’on me pose le plus souvent, c’est : pourquoi moi ? Je vous réponds bientôt !

Qui est touché par le Syndrome de L’intestin Irritable ? Pourquoi ? (bientôt !)



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